Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/282

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’arithmétique et à la géométrie, c’est-à-dire au vrai que nous faisons ; ils répètent sans cesse : « Que le vrai soit comme ces propositions, trois et quatre font sept, la somme de deux côtés d’un triangle est toujours plus grande que la troisième ; » c’est-à dire qu’il faut voir la physique du point de vue géométrique ; or, cet axiome ne revient-il pas à celui-ci : « La physique sera vraie pour moi, quand je l’aurai faite ; de même que la géométrie est vraie pour les hommes, parce qu’ils la font ? »


CHAPITRE VIII

De l’ouvrier suprême.


Avec ce que nous avons dit du vrai et du fait, avec ces propositions, que le vrai est la collection de tous les éléments de l’objet, de tous en Dieu, et dans l’homme des éléments externes ; que le verbe de l’intelligence est propre en Dieu et impropre dans l’homme, et que la faculté se rapporte à ce que nous faisons bien et facilement, s’accordent ces quatre expressions latines, Numen, Fatum, Casus et Fortuna.


§ I. — Numen.


Ils appelaient Numen la volonté des dieux, ce qui donne à entendre que le Dieu très bon et très grand exprime sa volonté par le fait même, et l’exprime avec autant de célérité et d’aisance qu’il y en a dans un