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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/255

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mouvement. Essayer de percer un mur avec le bras, ce n’est pas proprement un effort, mais c’est un mouvement des nerfs qui, de relâchés, deviennent tendus ; de même le poisson se meut, lorsqu’il se serre contre la rive pour résister au courant. Cette tension est produite par les esprits animaux qui arrivent et se succèdent sans interruption ; c’est donc un vrai mouvement qui ne cesse qu’au moment où les esprits animaux cessant d’affluer, les nerfs défaillent et se relâchent. En général, si l’effort est la vertu motrice des étendus, cette vertu peut-elle, lorsqu’il y a obstacle, et lors même que l’obstacle est très grand, peut-elle se développer encore, ou ne peut-elle jamais, et en aucun cas, se développer ? Si elle se développe en quelque manière, c’est un véritable mouvement ; si elle ne peut se développer, qu’est-ce que cette force toujours impuissante ? Il ne peut y avoir de force qui ne se développe au moment même où elle est ; à tout acte de force répond une tension ou un mouvement égal. Aussi, si nous parcourons tous les phénomènes de la nature, nous trouverons qu’ils naissent du mouvement et non pas de l’effort. La lumière même, qui semble se propager en un instant, se produit cependant, selon les meilleurs physiciens, d’une manière successive et par un véritable mouvement. Et plût à Dieu que la lumière se fit en un instant, pour que nous pussions montrer le plus brillant des ouvrages de la nature naissant du point même. Car si la lumière se produit en un instant, il faudra qu’on nous accorde qu’il y a dans la nature des effets du point, puisqu’un instant ne diffère pas d’un point. Si donc la lumière est une émission de globules qui se fait en un instant,