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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/243

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que par l’obscurité. Regardez longtemps et attentivement une fenêtre grillée, qui laisse arriver la lumière dans la chambre ; puis tournez les yeux vers un corps absolument opaque, il ne vous semblera plus voir la lumière, mais un grillage lumineux. De même le vrai métaphysique est absolument clair, il n’a point de limite, et point de forme qui le détermine, parce qu’il est le principe infini de toutes les formes ; les choses physiques sont opaques, c’est-à-dire qu’elles ont une forme et des limites, et c’est en ces choses que nous voyons la lumière du vrai métaphysique.


CHAPITRE IV

Des essences ou des vertus.


Ce que l’École nomme essence (essentia), les Latins l’appellent force, vis, et puissance, potestas. Tous les philosophes considèrent les essences comme éternelles et immuables. Aristote les regarde comme indivises ; or, comme parle l’École, il les fait consister dans l’indivisible. D’un autre côté, Platon pense, après Pythagore, que la science a pour objet l’éternel et l’immuable. On peut en tirer cette conjecture que les anciens philosophes de l’Ttalie pensèrent que les essences sont indivises, et que ce sont les vertus éternelles et infinies de toutes choses ; le vulgaire des Latins les appelait dieux immortels, les sages en faisaient un dieu souverain et unique. La métaphysique était la vraie science parce qu’elle traitait des vertus éternelles. Maintenant