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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 84.djvu/74

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dans leur meilleure partie, des Autrichiens et des Piémontais ; les troupes du maréchal de Belle-Isle avaient forcé le château de Vintimille de se rendre le 1er juillet. Quels que fussent les efforts des ennemis, Gênes était en état de ne plus craindre leurs attaques. Lorque le duc de Richelieu s’y rendit, il trouva cette ville bien fortifiée, pourvue de munitions, et défendue par vingt-cinq mille hommes tant des troupes de la république que des détachements de l’armée de France et d’Espagne, et redoutant peu que les Autrichiens osassent tenter encore une fois le siége, comme ils affectaient de le puublier. » Le lendemain, M. de Belle-Isle se rendit à Paris, où il reçut le grade de lieutenant général. Le 9 avril suivant, le roi lui conféra le régiment et la charge de mestre-de-camp général de la cavalerie, vacante par l’élévation du marquis de Clermont-Tonnerre à la dignité de maréchal de France. Le 15 du même mois il fut appelé à l’armée de Flandre, et investi du commandement de toute la cavalerie, comme sa charge lui en donnait le droit. L’hiver s’était passé en négociations, et la paix pouvait être considérée comme certaine. On a dit alors que Mme de Pompadour l’avait signifié aux plénipotentiaires avant leur départ. La diplomatie ne différait plus que sur des choses insignifiantes ; cependant pour hâter la paix, le maréchal de Saxe, qui commandait l’armée de Flandre, voulut faire quelques démonstrations, et vint mettre le siége devant Maëstricht. La tranchée ayant été ouverte, Bissy, quoique commandant en chef de la cavalerie, réclama son jour ; et le 29 avril, il releva la tranchée. « Dans la nuit suivante, il fit attaquer la flèche de droite qui fut emportée. L’angle saillant du chemin couvert fut couronné ; on prolongea le débouché de la droite vers la troisième parallèle, et on combla une espèce d’avant fossé qu’on rencontra à la gauche. » Dans cette situation la place ne pouvait plus tenir, mais un boulet fracassa la jambe du marquis ; l’amputation fut indispensable, et le lendemain la paix fut proclamée !… Le maréchal de Saxe, ayant jugé la blessure mortelle, avait expédié à Versailles un courrier qui en rapporta le cordon bleu pour le malheureux marquis ; mais il ne put le recevoir, car il était mort, le 3 mai, à l’âge de trente-trois ans, universellement regretté, dans l’abbaye de Hocht. près Maëstricht, où son père lui fit élever un superbe mausolée. Le boulet qui le frappa fut le dernier de cette guerre. Avant d’expirer, entendant les salves tirées en réjouissance de la paix, qui venait d’être proclamée, il s’en inquiétait auprès du maréchal, qui le visitait souvent : ce sont des housarderies, répondit celui-ci; et il expira peu d’instants après. Le roi, voulant reporter sur la famille la bienveillance dont il honorait le marquis, l’autorisa à joindre le collier de l’ordre à ses armoiries, et aujourd’hui ce collier entoure le frontispice de la grille, placée à l’entrée du château de Pierres, résidence de ses descendants. Les désordres et le vandalisme de 1793 et de 1830 n’ont pu atteindre ce glorieux trophée, il subsiste encore dans son intégrité. Le marquis de Bissy ne brilla pas uniquement par sa bravoure chevaleresque, il se fit encore remarquer par son esprit, par les grâces de sa personne