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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 84.djvu/48

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THÉODORIC. Voy, Thierri, XLV, 410.

THÉODOSE (dom), infant de Portugal, fils aîné de Jean IV, naquit en 1632. Ce prince, orné des qualités les plus brillantes, et qui vécut trop peu, pour le bonheur de sa patrie et de sa famille, est digne des regards de la postérité. Il était âgé de huit ans, lorsqu’il vint à Lisbonne, après l’exécution du complot qui porta son père sur le trône de Portugal en 1640. A la vue de ce jeune prince, le peuple ne put contenir les transports de sa joie, et l’accueillit par de touchantes et vives acelamations. Les états du royaume, le reconnurent pour le successeur légitime de Jean IV ; après quoi ils lui prêtèrent serment de fidélité, sur la croix et le livre des Évangiles.

Au commencement de 1649, le roi forma une maison à l’infant Théodose, et lui permit d’assister à tous les conseils. Le jeune infant reçut cette permission comme une faveur singulière. Jaloux de s’instruire dans le grand art de régner, il se rendit assidûment aux conseils, et n’y parla jamais, sans donner des marques de la pénétration, de la justesse et de l’étendue de son esprit. Ses discours inspiraient de l’admiration à tous les ministres et au roi lui-même, qui, dit-on, en témoignait quelque jalousie. Nul prince ne méritait, en effet, plus d’estime que dom Théodose. Aux grâces, à la majesté qui brillaient dans ses traits, il joignait une dextérité rare dans toutes les sortes d’exercices. Il parlait plusieurs langues, était instruit dans la religion, l’histoire, les mathématiques, les belles-lettres et la politique. Outre ces qualités brillantes, il avait des mœurs pures, une âme généreuse, sincère, capable d’amitié. Enfin, il n’était possible à personne de l’approeher, sans éprouver du respect et un profond attachement. Théodose fit éclater d’une manière touchante la magnanimité de son caractère, dans une circonstance où l’on délibéra en présence du roi, si l’on prendrait la défense de deux princes palatins, neveux de l’infortuné Charles Ier, poursuivis jusque dans le port de Lisbonne, par le général anglais Black. Quelques-uns des membres du conseil ayant cherché à faire sentir qu’il était de l’intérêt du Portugal d’abandonner les deux fugitifs, le jeune prince indigné se leva de son siége avec vivacité. « Nous ne pouvons, s’écria-t-il, violer les droits sacrés de l’hospitalité envers les princes palatins, qu’en nous couvrant d’opprobre. Une action si honteuse livre nos noms au mépris de la postérité. Le devoir du roi est d’éviter le déshonneur que cette action attirerait sur lui et sur toute la nation. Cependant, si les Anglais sont capables de raison, il est de la prudence de négocier avec eux pour écarter l’orage ; mais, s’ils persistent dans leur injustice, nous ne pouvous éviter d’en venir aux dernières extrémités. La justice sera de notre côté, et le ciel daignera favoriser notre cause. D’ailleurs, espérons que notre fermeté produira un bon effet. Les Anglais, par une violence mal entendue, ne voudront point s’exposer à perdre tous les avantages qu’ils tirent de notre alliance. Il est de leur intérêt, par rapport à leur commerce, de nous ménager. Ainsi, avant d’en venir à une infraction ouverte, on doit espé-