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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 10.djvu/414

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n’a pas la forme d’un journal. Cyriaque se contente de faire une succincte mention de quelques objets qui l’ont frappé dans ses voyages, mais sans indiquer les années auxquelles ils ont eu lieu. Cette lettre n’est réellement curieuse que parce que Cyriaque y nomme beaucoup de savants qu’il a connus. Le style en est d’ailleurs souvent inintelligible. Les autres lettres, adresséees à différents personnages, contiennent quelques détails sur les voyages de l’auteur dans les pays situés à l’entrée du golfe Adriatique. On trouve aussi des lettres de Cyriaque dans le voyage en Toscane de Tozzetti. II. Epigrammata reperta per Illyricum, apud Liburniam, sive inscriptiones CCLXIX græccæ et latinæ in itinere per hanc regionem suscepto repertœ, in-fol. Cette édition, commencée par les soins du cardinal François Barberini l’ancien (mort en 1674), fut arrêtée à l’impression de la 34e page[1]. III. Inscriptiones et epigrammata gr. et lat., Rome, 1747, i vol. in-fol. Cyriaque y a, le premier, fait connaître ces anciennes constructions, connues sous le nom de Monuments Cyclopéens, et il en donne de bons dessins. IV. Fragmenta cum notis Pompeii Compagnonii, Pesaro, 1763, i vol. in-fol. On trouve dans les ouvrages de Cyriaque des citations de passages d’auteurs anciens qui sont évidemment fausses. Méhus pense que des imposteurs auront abusé de sa crédulité. Ces citations erronées l’ont sans doute fait accuser d’avoir aussi indiqué des médailles et des inscriptions imaginaires. Le Pogge et Prosper Marchand lui ont surtout amèrement reproché ce genre d’imposture. Méhus et Tiraboschi l’ont lavé de cette imputation, et ils ont prouvé que les personnages les plus doctes de son temps le regardaient comme très habile dans la connaissance des antiques ; que la p1upart des inscriptions qu’il avait citées, et sur lesquelles on avait élevé des doutes, avaient depuis été retrouvées par d’autres savants ; qu’il a pu commettre des méprises, parce qu’il ramassait probablement tout ce qui au premier coup-d’œil lui paraissait remarquable, mais qu’il n’a jamais eu l’intention de tromper. Le Pogge peut avoir eu des motifs de mécontentement contre Cyriaque. On sait que de leur temps les imputations calomnieuses étaient entre savants plus communes qu’elles ne le sont aujourd’hui, et malheureusement d’un plus grand poids jour le public. E—s.

CYRILLE (S.), archevêque de Jérusalem, né dans cette ville, vers l’année 315, s’appliqua de bonne heure à l’étude des livres saints, et lut aussi les écrits des philosophes païens. Maxime archevêque de Jérusalem, l’ayant ordonné prêtre vers l’an 345, le chargea de prêcher l’Évangile et d’instruire les catéchumènes qui ne recevaient alors le baptême qu’après deux ans d’épreuves. Cyrille remplissait avec autant de zèle que de succès les fonctions de catéchiste, lorsque vers la fin de l’an 350, il fut choisi pour succéder à Maxine. Socrate, Philostorge et l’auteur de la Chronique d’Alexandrie, rapportent que le 7 mai 351, à neuf heures du matin, on vit dans le ciel une grande lumière en forme de croix, qui s’étendait depuis le Calvaire jusqu’à la montagne des Oliviers, dans un espace de quinze stades (près de trois quarts de lieue), et qui brilla pendant plusieurs heures avec tant d’éclat, que le soleil même ne pouvait

  1. Fabric., Bibl. mod. et infim. lat., I, 1261.