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Un deuil univerſel pris par l’État Major, par la Nobleſſe, par toutes les Juriſdictions, par le Corps municipal & les Citoyens les plus diſtingués, joint au ſon lugubre pendant neuf jours de tout ce que nos temples ont de cloches, ont annoncé à nos Citoyens déſolés, ainſi qu’aux étrangers en ce moment en notre port, la perte que la France & nous venons de faire ; & les Officiers Municipaux indiquèrent pour le huit de ce mois un ſervice ſolemnel, où tous les Corps Religieux, Militaires & Civils qu’ils y avoient invités, s’empreſsèrent tous de ſe rendre. Figurez-vous, Monſieur, une famille entière dans le deuil & dans l’accablement le plus profond, proſternée aux pieds des autels, & mêlant ſes larmes aux prières des Miniſtres du Seigneur : tel eſt le tableau vraiment touchant de cette triſte & funèbre journée ! Le Clergé, affecfté des mêmes ſentimens, célébra le lendemain un ſervice aussi ſolemnel que le premier, où le concours ne fut pas moins nombreux, & ou M. Duteil, Curé Doyen de cette ville, prononça une oraiſon funèbre digne de la réputation que ſes vertus & ſes talens lui ont depuis long-temps acquiſe, & pénétra de plus en plus ſes auditeurs des ſentimens dont il étoit lui-même pénétré.

Nous attendons les ordres du Roi aux