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Et l’oubli contre toi ne pourra jamais rien.
On ne voit point périr la mémoire du ſage[1].



V.

Prince, tu n’allas point, ſur les pas des Céſars,
Te rendre des humains le fléau redoutable ;
Au prix du ſang des tiens, verſé ſous des remparts,
Tu ne t’acquis jamais une gloire coupable ;
Tes meurtres ennoblie n’ont point ſouillé ton bras ;
Tes jours n’ont pas été marqués par des tempêtes ;
Tu n’as peint eu la ſoif d’envahir des Etats ;
Mais tous les cœurs enſemble ont été tes conquêtes.



VI

En vain le fier Xerxès, avec mille vaisseaux,
Pourſuit la liberté de la Grèce & de Suſe ;
En vain fait-il percer l’Iſthme du Mont Athos :
Il aſpire à la gloire, & ſon ombre l’abuſe.
À peine l’Hélleſpont contient ſes combattans ;
Mais bientôt ſon orgueil ſe briſe aux Thermopyles.
Salamine acheva ſes revers éclatans,
Et le crime, envieux trancha ſes jours ſtériles.



VII.

C’eſt la ſeule vertu qui fait les vrais héros.
Ce Conquérant fameux qui mit le monde en cendre,

  1. In memoria æterna erit juſtus. Pſ. III.