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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/79

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LES SOUTIENS D ï L’ORDRE LES SOUTIENS DE L’ORDRE (0 Suite XI Quand M. Picquenet se retrouva dans sa chambre, il pensa à Ja manière dont il avait procédé. Bien qu’il ne voulût pas demeurer au château, il n’était pas nécessaire que le comte se doutât un seul instant de sa démarche auprès de Pévêque. Il en perdrait tout crédit. Au contraire, il devait accroître ce­ luiqu’il pouvait posséder. Il était préférable que, sans se brouil­ ler avec le château, il mît sa réputation de prêtre à l’abri des scandales qui pouvaient survenir dans celte maison. M. l’abbé Picquenet fut troublé dans ses méditations par des éclats de voix et un fracas d’assiettes brisées. Comme la fenêtre était ouverte, il entendit nettement le comte, qui criait: «Non, il ne sera pas ditqu’une deLaMusardièredeviendra une Fouilloux. Tu n’as donc pas le sens de nos traditions de famil­ le ? Mes filles épouseront qui il me plaira. Ici, il y a un seul maître : c’est moi ! » Mn®de La Musardière cria, à son tour : « Si je n’épouse pas Fouilloux, je me jetterai par la fenêtre. » — J’ai accepté la présence de cet ofFcier au château, riposta M. de La Musardière, non pas pour lui-même, mais par égard pour son uniforme. Jamais je n’aurais soupçonné qu’il abuse- serait de mon hospitalité au point de te demander en mariage. Il est le fils d’un négociant qui a réalisé sa fortune dans le fer. Que ne se contente-t -il d’êlre officier, sans désirer monter jusqu’à épouser une de La Musardière ? D’ailleurs, le lieute­ nant Fouilloux a compris. J’ai appris aujourd’hui qu’il avait demandé son changement de garnison, et l’attendait, loin d’ici, en congé. Alors, M . l’abbé Picquenet entendit des sanglots, un fracas de porles violemment ouvertes, puis fermées. La menace de (i) Voj.MercuredeFrance, a*1 176 et 177. •