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étaient rassemblées, pour établir des mines automatiques creusées dans les comtés de Midland.

On lui dit aussi que la compagnie du Midland-Railway avait suppléé au personnel qui l’avait quittée le premier jour de la panique, qu’elle avait repris le service et que les trains partaient de St. Albans vers le nord, pour dégager l’encombrement des environs de Londres. On afficha aussi, dans Chipping Ongar, un avis annonçant que d’immenses magasins de farine se trouvaient en réserve dans les villes du Nord et qu’avant vingt-quatre heures on distribuerait du pain aux gens affamés des environs. Mais cette nouvelle ne le détourna pas du plan de salut qu’il avait formé et tous trois continuèrent pendant toute cette journée leur route vers l’est. Ils ne virent de la distribution de pain que cette promesse ; d’ailleurs, à vrai dire, personne n’en vit plus qu’eux. Cette nuit-là, le septième météore tomba sur Primrose Hill. Miss Elphinstone veillait – ce qu’elle faisait alternativement avec mon frère – et c’est elle qui vit sa chute.

Le mercredi, les trois fugitifs, qui avaient passé la nuit dans un champ de blé encore vert, arrivèrent à Chelmsford et là un groupe d’habitants, s’intitulant : le Comité d’Approvisionnement public, s’empara du poney comme provision et ne voulut rien donner en échange, sinon la promesse d’en avoir un morceau le lendemain. Le bruit courait que les Martiens étaient à Epping, et l’on parlait aussi de la destruction des poudrières de Waltham Abbey, après une tentative de faire sauter l’un des envahisseurs.

On avait posté des hommes dans les tours de