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Page:Mendès - Philoméla, 1863.djvu/29

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le fils des anges

Crièrent les époux quand les fils furent nés,
Et c’est mal à propos que vous nous les donnez.
Leur front a des lueurs d’étoile qui se lève ;
Leur œil jette l’éclair comme l’acier du glaive
Que les jeunes guerriers portent pour le combat ;
Une aile impatiente et grand ouverte bat
Leurs flancs, aile de cygne ou de colombe ou d’aigle !
Et quand leur chevelure ardente se dérègle,
C’est comme un bélier d’or secouant sa toison !
Voici le déshonneur entré dans la maison ;
Mais d’où qu’il soit venu, nous voulons qu’il en sorte.
Nous ne fîmes jamais enfants de cette sorte.
Les nôtres sont cagneux, bossus, ils ont le pied
De travers et les yeux sans flammes, comme il sied
Aux légitimes fils des honnêtes familles. »
Là-dessus les époux firent venir les filles