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Page:Mendès - Philoméla, 1863.djvu/211

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pantéleia


Les jeunes gens, rieurs, les vieux à l’âme sombre,
Ceux qui vont à la nuit, ceux qui viennent au jour,
À travers tous les temps, dans tous les lieux, sans nombre,

Qu’ils aient, à l’heure pâle où s’éveille l’amour,
Vu l’aube redorer les montagnes d’Asie
Ou faire étinceler les glaciers de Këar-Mour ;

Qu’ils aient brûlé leur âme aux genoux d’Aspasie,
Ou nourri de leurs cœurs les filles de Paris,
Ces succubes divins que rien ne rassasie,

En ce temps où le musc et la poudre de riz
Attachent aux jupons soyeux des amoureuses
Le troupeau suppliant des jeunes gens épris ;