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Page:Mendès - Philoméla, 1863.djvu/152

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l’asile

Les nids abandonnés sous la brique des frises
Ne mêlent plus de voix à la chanson des brises ;
Sous les saules pendants comme des oripeaux,
Dans la nuit d’un cloaque infâme, les crapauds
S’épouvantent au bruit de la feuille qui tombe ;
Et c’est une maison triste comme une tombe !
Ô calme ! ni hameau ni chaumière à l’entour ;
Point d’église gothique avec sa vieille tour
À l’horizon, là-bas, parmi les brumes blanches ;
Point de légers moulins aux quatre ailes de planches
Qui semblent deux ramiers jaloux se poursuivant
Éperdus dans le vol circulaire du vent ;
Rien que la lande égale à la mer sans rivages,
Où, rampante parmi les bruyères sauvages,
La grande louve hurle horriblement la faim ;
Rien que la mer pareille à la plaine sans fin,