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Avouons-le enfin de bonne foi : la révolution devait fonder la République la plus parfaite, elle a presque anéanti toutes celles qui subsistaient encore. Et, telle que la grande République existe aujourd’hui, ne sert-elle pas uniquement à perpétuer la révolution, à nourrir ses créatures, à protéger du bouclier de ses formes toutes les factions qui s’en disputent l’étendart, et la déchirent sans cesse, sous le prétexte de la venger ou de la défendre ?

A. Vous ne voyez toujours que le moment actuel, et vous vous obstinez à ne vouloir jamais porter vos regards sur l’avenir de bonheur qui doit sortir de ce sublime cahos.

B. J’ai trop bien vu le présent dans le passé pour ne pas craindre de voir également bien dans ce présent l’avenir qui nous menace. Adieu donc, jusqu’après la paix générale.