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était prise irrévocablement, dans l’impossibilité de vous oublier, de vous aimer autrement que je ne vous avais toujours aimée, quel parti me restait-il pour vous cacher mes regrets, mon désespoir, que celui de vous dérober autant qu’il était en moi tout souvenir de mon existence ? Ce n’était pas seulement pour votre repos, pour le mien ;… où mon cœur en pouvait-il trouver encore ! c’était pour sauver du moins ce que ma douleur m’avait laissé de courage et de raison, que je me vis réduit à cette nécessité cruelle. Long-temps encore après l’instant de la séparation la plus déchirante, il suffisait d’un son analogue à celui de ce nom que j’avais si tendrement adoré pour me faire éprouver des tressaillemens de fureur, de rage, pour me faire craindre de tomber dans les accès d’une aliénation d’esprit