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élevées au plus haut degré de confiance se fussent approchées de plus près encore, que leur union en fût devenue plus tendre, plus ardente et plus intime. Revenue de cette délicieuse ivresse, je tâchai de considérer avec plus de calme les nouveaux rapports dans lesquels je me trouvai engagée ; je dis à Séligni : J’ai deux amis, deux amans dignes de toute la tendresse de l’être le plus sensible. Que ne puis-je être deux fois moi-même pour être tout entière à chacun de vous ; car aujourd’hui ne serais-je pas trop malheureuse de me séparer ou de l’un ou de l’autre ? L’imagination d’Eglof est plus calme, plus asservie au lien qui vous enchaîne tous deux. Séligni, combien mon ame était attachée à la tienne, lorsqu’il tâcha de partager un cœur qu’il avait trop bien jugé qu’il était