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destinées. Et ce dernier hommage, le dernier dévouement d’un homme si généreux, si passionné, s’immolant tout entier à son amour pour elle, prêtait encore à tous ses traits un caractère de dignité, qui sans les rendre moins doux, y mêlait je ne sais quoi d’imposant et de céleste.

Quelque vives et quelque profondes que fussent toutes ces impressions sur le cœur de Séligni, j’ai lieu de penser que, pour l’instant du moins, elles suspendirent le trouble de ses sens. Peut-être n’avaient-ils jamais éprouvé près d’elle le même calme, ou si vous voulez, la même stupeur. N’est-il pas des circonstances qui dans tes liaisons les plus intimes inspirent plus de procédés que de sentiment, où les sentimens font évanouir le charme des sensations les plus vives ? Séligni ne pouvait refuser