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l’admirable pouvoir de leurs ressources fictives et réelles ; si l’homme est encore plus fait, comme je le crois, pour sentir que pour penser, il n’est pas moins certain que c’est la pensée qui développe notre sensibilité, l’éclaire et l’exalte ; il est aussi très-certain que c’est la pensée dont l’inépuisable activité multiplie sans cesse les impressions qu’elle en reçoit, les renouvelle, les prolonge, nous ménage des intervalles de repos et les remplit plus ou moins heureusement. La pensée est l’aliment qui nourrit le feu qu’alarme la sensibilité ; la pensée est aussi le principe qui le modère et l’épure : un être doué d’une sensibilité profonde aurait bientôt tari toutes les sources de son bonheur, s’il n’était pas en même temps un être pensant et moral : c’est à ces dernières facultés qu’il doit la plus longue durée de sa