Page:Meister - Betzi.djvu/236

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


regrets lui révélèrent ainsi le secret de sa passion ; l’objet de ses plus vifs desirs était devenu plus fortement encore celui de toutes ses pensées, de tous ses vœux, de tout son attachement : mais, inévitable destinée du cœur humain ! il ne fut pas plutôt véritablement amoureux qu’il fut aussi défiant, inquiet et jaloux.

On observera sans doute qu’il avait quelques raisons de l’être ; il serait difficile de ne pas en convenir : nous oserons remarquer cependant qu’il n’en eut peut-être jamais moins. Il n’avait pas ignoré les liaisons qu’avait entretenues Betzi ; dans le nombre en était d’assez aimables, et son goût pour elle ne s’en était guère inquiété ; jamais il n’avait reçu de Betzi des preuves de constance plus sensibles et plus touchantes ; si l’on venait de le sacrifier à son rival, la nature même