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risques d’en trouver de réfractaires. Mais celui qui achète pour son industrie, ou pour un caprice, qui est fixé sur ce qu’il veut, ne voulant pas courir les chances d’un dressage souvent trop long et onéreux dans les mains d’un tiers, se réserve l’essai du cheval dont il fait l’acquisition ; et, à moins de convention contraire, l’achat définitif est suspendu jusqu’à cette épreuve.

Quoiqu’il n’ait pas acheté chat en poche[1], il n’est pas toujours certain d’avoir réussi à se donner la perfection, car un cheval peut se présenter un moment avec des qualités qui, le lendemain, se démentiront, soit que l’animal se trouve d’humeur, disposé à bien faire, soit parce que le vendeur l’aura essayé sur un terrain, une route où il aura été préalablement exercé ; c’est ce qui arrive fréquemment pour les chevaux de selle ou de trait léger qui, étant rétifs ou ombrageux, sont amenés sur le même emplacement jusqu’à ce qu’ils s’habituent aux mêmes objets. Et si par cas l’on manifeste le désir de faire l’essai sur un autre point, le marchand trouve quelque argument pour s’y opposer.

Par contre, lorsque le vendeur est sûr que l’essai lui sera favorable, il tient essentiellement à venir au-devant de vos désirs dès que vous avez jeté votre dévolu, car il fera payer plus cher, ou il voudra vous faire fermer les yeux sur quelque tare ou imperfection, les trouvant rachetées et au-delà par l’aptitude de l’animal.

Si l’on veut essayer un cheval de gros trait, à moins d’une demande formelle, il est attelé dans les brancards d’une charrette vide, à la disposition du maquignon, les mêmes harnais servant au cheval étriqué, comme au plus corsé, de petite ou de grande

  1. Sans voir. — (Gayot.)