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il exigea de Tourgueneff une petite nouvelle en prose destinée à ce recueil.

Tourgueneff, jeune, ardent, libéral, élevé en pleine province, dans la steppe, ayant vu le paysan chez lui, dans ses souffrances et ses effroyables labeurs, dans son servage et sa misère, était plein de pitié pour ce travailleur humble et patient, plein d’indignation contre les oppresseurs, plein de haine pour la tyrannie.

Il décrivit, en quelques pages, les tortures de ces tristes déshérités, mais avec tant d’ardeur, de vérité, de véhémence et de style, qu’une grande émotion s’en répandit, s’étendant à toutes les classes de la société. Emporté par ce succès rapide et imprévu, il continua une série de courtes études prises toujours chez le peuple des campagnes, et, comme une multitude de flèches allant frapper