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MÉMOIRES DE MADAME DE BOIGNE

nom de monsieur de Villèle y était mêlé et j’ai eu lieu de croire que la conspiration, dite du bord de l’eau, dont la réalité n’est révoquée en doute par aucune des personnes instruites des affaires à cette époque, cette conspiration, qui avait pour but de faire régner Charles x avant que le Ciel eût disposé de Louis xviii, n’était que le commentaire des paroles échappées à la colère de Jules.

Je n’entre pas dans plus de détails sur cet événement, quoique la plupart des acteurs parmi les conspirateurs, aussi bien que parmi ceux qu’ils devaient attaquer, fussent des personnes avec lesquelles nos relations étaient intimes ; mais j’étais absente lors de la découverte, et le projet remontait si haut que le ministère et le Roi ne voulurent pas aller jusqu’à la source. On se borna à l’éventer sans donner aucune suite aux recherches.

Le Roi en conçut un mortel chagrin et ne laissa pas ignorer à son frère qu’il en était instruit. Je ne sais pas si monsieur le duc de Berry était dans le secret ; j’espère que non. Quant à monsieur le duc d’Angoulême, le parti s’en cachait avec plus de soin que d’aucune autre personne.

Quoique la sagesse du gouvernement eût assoupi le bruit de cette affaire, le parti ultra se trouva un peu gêné par cette découverte. Il était en position de garder des mesures avec le pouvoir ; il devint, ou du moins chercha à paraître, plus modéré pendant quelque temps.

Cela ne l’empêcha pas d’avoir au Congrès d’Aix-la-Chapelle des agents occupés à déjouer auprès des étrangers les négociations du duc de Richelieu. Elles réussirent cependant et il eut la gloire et le bonheur de signer le traité qui délivrait son pays d’une garnison étrangère. Sans doute c’était encore à titre onéreux,