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par conséquent on court le risque de décomposer au moyen de l’eau la combinaison elle-même dont on veut constater l’existence. J’exposerai bientôt la méthode que j’ai employée pour surmonter cette difficulté.

2° Lorsque la matière colorée qu’on a appliquée sur une étoffe n’est point un composé défini dans la proportion de ses principes immédiats, ainsi que l’est le chromate de plomb, par exemple, dont la composition et les propriétés comme espèce sont parfaitement définies, on se représente difficilement avec précision une matière colorée complexe qui est indéfinie dans sa composition, et dont les propriétés ne sont pas encore parfaitement déterminées, par la raison que cette matière colorée complexe est le plus souvent composée de plusieurs principes immédiats qui, à cause de la faiblesse de leur affinité, peuvent être séparés plus ou moins aisément ; dès lors, si l’on cherche à déterminer la composition des matières colorées de cette catégorie, on est exposé, en essayant de les isoler de tout corps étranger, d’en dénaturer la composition, par suite de la faiblesse même de l’affinité de ces principes. Il suffira de circonstances légères en apparence pour exercer sur la couleur d’une étoffe teinte une influence sensible ; telle est celle d’un courant d’eau pure sur plusieurs étoffes teintes avec des matières colorées qui ne sont pas absolument insolubles, soit intégralement, soit relativement à quelqu’un de leurs principes immédiats. Je cite d’autant plus volontiers cet exemple, que j’ai vu plusieurs personnes qui ne se l’expliquaient pas. Cependant il est aisé de s’en rendre compte. En effet, si l’eau est capable d’exercer une action comme dissolvant, quoique très-faible, sur la matière colorée d’une étoffe, ou sur l’un de ses principes immé-