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ticité ou de ressort ; ce fait est d’ailleurs constaté directement par le faible rejaillissement, en arrière, du projectile et de ses débris, ainsi que par le résultat des expériences en petit, sur les lois du mouvement et du frottement pendant le choc, entreprises, en 1833, par M. Morin, et dont il a été rendu un compte favorable à l’Académie par l’un de nous ; mais il ne s’ensuit nullement, comme l’observent très-bien les auteurs du Mémoire qui nous occupe, que la force de ressort des parties éloignées du centre d’impression ait subi la même altération, ni que les débris des projectiles ne puissent s’échapper latéralement, avec une certaine vitesse, en raison de la décomposition de leur mouvement de glissement oblique sur le noyau et de la rotation qu’ils tendent à prendre au point de leur rencontre avec le bloc en fonte ; l’expérience prouve, en effet, que cette vitesse est assez grande pour que les fragments aillent pénétrer, de toute leur épaisseur, les pièces de bois disposées autour du but, dans la vue de les arrêter.

Les boulets de 8 et de 24, tirés à la faible charge du et du , contre la masse cubique de plomb dont les dimensions ont été indiquées, ne s’y brisent point, quoiqu’ils y produisent des impressions profondes ; à la charge du et du , ils se sont partagés en 3 ou 4 morceaux, suivant des plans méridiens passant par l’axe de l’évidement, et ces morceaux, par la divergence de leur mouvement, ont donné lieu à autant d’empreintes particulières. Déjà aussi des traces de dépression se montraient à la surface antérieure du boulet, et indiquaient la formation d’un petit noyau central et de ses enveloppes successives ; mais, à la charge du , répondant à une vitesse d’environ 370m par seconde, les boulets se sont divisés en un très-grand nombre de parties, dont