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permettent pas de suivre les auteurs dans toutes les particularités des faits qu’ils décrivent.

Déformation des projectiles, rupture et accidents qui l’accompagnent. Dans le tir perpendiculaire contre les massifs en fonte, les boulets ont été brisés sous les plus petites vitesses en présentant néanmoins des circonstances physiques très-distinctes de celles qui ont eu lieu pour les grandes : à la vitesse de 70m environ par seconde, répondant à la charge de du poids du boulet, la rupture s’opère comme dans le tir contre les maçonneries, c’est-à-dire par deux plans diamétraux à angles droits, passant par l’axe qui contient la trajectoire du projectile. À la vitesse de 100m, relative à une charge de , la partie antérieure du boulet de 16 a offert une dépression de plusieurs millimètres sur une étendue, en diamètre, de 6 à 7c, et qui est devenue la base d’une sorte de noyau pyramidal, à 5 pans, dont le sommet paraît être placé au centre du projectile : ce noyau, faisant l’office d’un coin véritable oblige le surplus de la masse à se partager en 5 parties, à peu près égales, suivant des plans méridiens passant par l’axe qui est parallèle à la direction du mouvement. La réunion et la juxta-position de ces fragments n’a pas, du reste, laissé apercevoir d’altération générale de forme sensible ; mais, tandis que leur surface de fracture méridienne présentait un aspect grenu et rugueux, celles qui leur étaient communes avec le noyau offraient, au contraire, une apparence métallique très-brillante et fibreuse, produite par le violent froissement ou frottement de glissement contre ce noyau dont les faces offraient d’ailleurs le même aspect.

À la vitesse de 150m, et pour des vitesses de plus en plus grandes, le mode général de rupture reste à peu près le même,