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coup plus faibles, et provenant, sans doute, principalement de la manière dont les pièces du massif étaient unies et liées entre elles.

Quant à la signification de ce même rapport, elle est évidemment tout autre, pour le cas dont il s’agit, que pour les précédents, quoiqu’il se trouve indifféremment indiqué par la lettre K, dans les tableaux du Mémoire qui nous occupe. Ici, c’est-à-dire pour le chêne et le sapin, elle représente véritablement le double de la résistance du milieu sur l’unité de surface des amplitudes d’impression ; là, au contraire, c’est-à-dire pour le roc, etc., la lettre K désigne un simple rapport de cause et d’effet, dont la relation avec la véritable résistance du milieu est inconnue, et ne peut nullement servir à calculer les lois du mouvement et les profondeurs de pénétration, même en adoptant, sur la force de percussion, les idées de D. Juan dont nous avons déjà contesté la justesse.

Quel que soit, au surplus, le degré d’intérêt et d’utilité qui, sous le point de vue pratique, s’attache à la connaissance des effets destructeurs des projectiles, il n’en est pas moins indispensable, pour beaucoup de cas, de savoir apprécier la profondeur maximum des pénétrations, de manière à pouvoir calculer les épaisseurs qu’il convient de donner aux masques couvrants des ouvrages militaires. Or, il suffit de jeter un coup d’œil sur les chiffres des tableaux relatifs au roc, à la maçonnerie et aux terres, pour se convaincre que la formule admise d’après Euler, et qui suppose les profondeurs dont il s’agit proportionnelles au carré de la vitesse, ne satisfait nullement aux lois du phénomène, et qu’elle donne des résultats qui excèdent d’autant plus les véritables, que la vitesse absolue du choc est plus grande. Mais, fort heureusement, le travail de MM. Piobert et Morin laisse peu à regretter sous ce