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Quant aux nombreuses expériences relatives aux projectiles de divers calibres, animés d’une grande vitesse, et qui sont antérieures à celles de la commission d’artillerie de Metz, elles ont, à l’exception des expériences citées, de Robins et de Hutton, sur les bois de chêne et d’orme, été entreprises, dans des vues plutôt pratiques que théoriques, et qui n’ont pas jusqu’ici permis de vérifier si la loi de résistance dont il vient d’être parlé, s’étend, d’une manière satisfaisante, à toutes les vitesses et à tous les milieux autres que les bois. On voit, en effet, par la notice insérée au 7e N° du Mémorial de l’officier du génie, par M. le commandant Augoyat, que, si les vitesses des projectiles tirés contre le bloc pendule de Robins, ont été exactement déterminées, il s’en faut de beaucoup que cela ait eu lieu pour les expériences qui ont consisté à lancer, de toutes distances, des balles, des boulets et des obus contre des massifs en maçonnerie, en bois et en terres de diverses natures, sans tenir compte d’autres éléments de calcul que de ces distances, des charges de poudre et des profondeurs de pénétrations quelquefois incomplètement indiquées dans les procès-verbaux d’épreuve.

La seule conséquence certaine qu’on puisse inférer de tous ces faits, c’est que, pour les bois, les enfoncements suivent assez régulièrement les lois de l’ancienne théorie sous toutes les vitesses et grosseurs de calibres, et que, pour les terres, ils sont, à vitesses égales, sensiblement proportionnels à ces grosseurs ou aux diamètres des projectiles. Aussi le modeste et laborieux ingénieur que nous venons de citer, ne s’est-il point fait illusion sur l’étendue d’application des formules et des tableaux graphiques ou numériques qu’il a établis sur ces diverses données ; aussi a-t-il appelé de tous ses vœux des expériences plus décisives, plus propres à lever les incerti-