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lui faire un sort, ainsi qu’à une nièce de Rameau, et vous, ma chère, qui, d’après ce que j’ai lu dans votre biographie, appartenez au célèbre Châteaubriand et qui, de plus, cultivez les arts, on ne ferait rien pour vous ?.. mais c’est impossible, et il faut absolument qu’on ouvre aussi, en votre faveur, une souscription qui, sans nul doute, vous fera de même avoir un sort, ce que vous méritez doublement par les malheurs que vous avez éprouvés jusqu’à ce jour, et que vous avez bravés avec tant de courage et de résignation !.. Ce n’est pas tout encore, dit-elle, dépêchez-vous, mettez-vous vite à l’ouvrage, et écrivez la seconde partie de vos mémoires artistiques : il faut les livrer à la publicité et vous verrez après les souscriptions abonder de tous côtés. Dès que ce travail va être achevé, j’irai avec vous voir MM.  les journalistes qui certes ne refuseront pas une de leurs colonnes pour annoncer cette souscription !… — Mille fois merci, bonne dame, de tout ce que vous venez de me dire, mais je vous avouerai que j’ai une sorte de répugnance à livrer à la publicité tout ce que je souffre ! – Allons donc, c’est un amour-propre mal placé ; et quelle serait la personne assez cruelle pour tourner en