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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/89

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L’ÉTREINTE ÉPERDUE


Aime-moi, non pas avec des sourires, des flûtes ou des fleurs tressées, mais avec ton cœur et tes larmes, comme je t’aime avec ma poitrine et avec mes gémissements.


Quand tes seins s’alternent à mes seins, quand je sens ta vie toucher ma vie, quand tes genoux se dressent derrière moi, alors ma bouche haletante ne sait même plus joindre la tienne.


Étreins-moi comme je t’étreins ! Vois, la lampe vient de mourir, nous roulons dans la nuit ; mais je presse ton corps mouvant et j’entends ta plainte perpétuelle…


Gémis ! gémis ! gémis ! ô femme ! Erôs nous traîne dans la douleur. Tu souffrirais moins sur ce lit pour mettre un enfant au monde que pour accoucher de ton amour.