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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/42

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CHANSON


« Ombre du bois où elle devait venir, dis-moi, où est allée ma maîtresse ? — Elle est descendue dans la plaine. — Plaine, où est allée ma maîtresse ? — Elle a suivi les bords du fleuve.


— Beau fleuve qui l’as vue passer, dis-moi, est-elle près d’ici ? — Elle m’a quitté pour le chemin. — Chemin, la vois-tu encore ? — Elle m’a laissé pour la route.


— Ô route blanche, route de la ville, dis-moi, où l’as-tu conduite ? — À la rue d’or qui entre à Sardes. — Ô rue de lumière, touches-tu ses pieds nus ? — Elle est entrée au palais du roi.

— Ô palais, splendeur de la terre, rends-la-moi ! — Regarde, elle a des colliers sur les seins et des houppes dans les cheveux, cent perles le long des jambes, deux bras autour de la taille.