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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/159

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LE MARCHAND DE FEMMES


« Qui est là ? — Je suis le marchand de femmes. Ouvre la porte, Sôstrata, je te présente deux occasions. Celle-ci d’abord. Approche, Anasyrtolis, et défais-toi. — Elle est un peu grosse.


— C’est une beauté. De plus, elle danse la kordax et elle sait quatre-vingts chansons. — Tourne-toi. Lève les bras. Montre tes cheveux. Donne le pied. Souris. C’est bien.


— Celle-ci, maintenant. — Elle est trop jeune ! — Non pas, elle a eu douze ans avant-hier, et tu ne lui apprendrais plus rien. — Ôte ta tunique. Voyons ? Non, elle est maigre.


— Je n’en demande qu’une mine. — Et la première ? — Deux mines trente. — Trois mines les deux ? — C’est dit. — Entrez là et lavez-vous. Toi, adieu. »