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sur le ruban attaché à la patte du pigeon, il mesura par ce morceau d’étoffe l’étendue de sa chute. Il tomba, tomba, avec au creux de l’estomac, cette sensation de vertige qu’il avait éprouvée déjà, tout enfant, lorsque pour la première fois il était descendu dans un ascenseur rapide. Mais, entre autres secrets de l’aviation, Winn avait appris que, pour monter, il est parfois nécessaire de descendre d’abord. L’air avait refusé de le supporter. Au lieu de lutter en vain contre ce manque de sustentation, il s’y prêta. D’une main sûre, avec une hardiesse qui frisait la témérité, il abaissa son gouvernail horizontal d’avant, et le monoplan piqua brusquement du nez dans le vide ; il tomba telle une pierre et fendit l’air comme une lame de couteau. À chaque fraction de seconde, la vitesse de chute s’accélérait de façon effrayante.