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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/88

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L’ÉPOUVANTE

n’entendait plus à la place de leur ronflement cadencé, que les murmures vagues, les bruits multiples et confus de la rue, coupés de temps en temps par l’appel sonore d’une trompe d’automobile. Un omnibus passa avec un grand fracas de roues et de vitres secouées. Onésime Coche se leva, prit un numéro du Monde, et le mit dans sa poche.

— Vous dites, boulevard Lannes, numéro ?…

— 29. Ne commencez pas à avoir la tête ailleurs, ce n’est pas le moment.

— Oh ! protesta Coche, soyez tranquille. Il est sept heures, je me mets en campagne.

— Et moi, je vais me coucher. J’ai bien gagné quelques heures de sommeil ; je travaillais, moi, pendant que vous dormiez…

Coche détourna la tête pour ne pas laisser deviner le sourire qui plissait sa bouche, et la petite flamme qui passait dans ses yeux, puis sortit. Dans l’escalier, il croisa le garçon qui lui demanda :

— C’était bien pour ce que je vous ai montré ?

— Exactement.

Il prit une voiture et dit au cocher :