Ouvrir le menu principal

Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/67

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
62
L’ÉPOUVANTE

zn rond auprès du poêle, sommeillait. Un garçon, debout derrière les joueurs, suivait la partie, un autre dans un coin regardait un journal illustré.

Le vent piquait très fort. De ce café de petits bourgeois se dégageait une impression de calme tiède. Coche qui frissonnait un peu, de fatigue, d’émotion et de froid, entra et s’assit. Une sensation douce de chaleur le pénétra. Dans l’air où la fumée des pipes avait mis un nuage, une odeur de cuisine, de café et d’absinthe montait, accrue par la chaleur du poêle ; cette odeur, que d’habitude il détestait, lui parut infiniment douce. Il demanda un café cognac, se frotta les mains, prit distraitement un journal du soir qui traînait sur un coin de table, le reposa brusquement, se leva et dit sans s’en rendre compte presque haut :

— Sapristi !…

Un des joueurs tourna la tête ; le garçon arrêté devant la caisse, croyant qu’on l’appelait, s’empressa :

— Voilà, Monsieur.

Coche fit signe de la main :