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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/60

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L’ÉPOUVANTE

chette… Il faut une secousse violente pour les arracher…

Il se frappa le front :

— Une secousse ! Parfait ! Qu’on ramasse l’un d’eux sur le tapis, on se dira : « Au cours de la lutte, la victime, accrochée aux bras de l’assassin, a déchiré les poignets de sa chemise, arraché la chaînette du bouton, et, dans sa fuite, le meurtrier ne s’est aperçu de rien. Il s’est sauvé, sans se douter qu’il laissait derrière lui cette pièce accusatrice. »

Ainsi tout est respecté, tout est vraisemblable !

Le poignet rabattu, il prit le bord intérieur de la manchette gauche entre ses doigts, saisit le bord extérieur de sa main droite restée libre, et d’un coup sec, fit sauter la chaînette qui tomba à terre avec une petite olive d’or portant en son centre une turquoise. L’autre moitié était restée engagée dans la boutonnière ; il la mit dans la poche de son gilet. Mais, dans sa hâte à accomplir ce geste, il ne remarqua point qu’il avait du sang aux doigts, qu’il salissait sa chemise et son gilet blanc de taches rouges. De la poche intérieure de son habit, il retira une enveloppe à son