Ouvrir le menu principal

Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/47

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
42
L’ÉPOUVANTE

ment, mais sûrement ; que, si la voie qu’il a choisie est bonne, la solution ne peut, à la dernière seconde, lui échapper. Pour le policier, au contraire, c’est l’angoisse de tous les instants, la piste qui se fausse, le but, un instant entrevu, qui disparaît, le problème renouvelé sans cesse, avec la solution qui s’éloigne, se rapproche, et semble fuir ; c’est le cri de triomphe soudain arrêté dans la gorge, la vie multiple, surnaturelle, faite de tous les espoirs, de toutes les craintes de toutes les déceptions ; c’est la lutte contre tout, contre tous, exigeant à la fois la science du savant, la ruse du chasseur, le sang-froid du chef d’armée, la patience, le courage et l’instinct supérieur qui seuls font les grands hommes, et, seuls, conduisent aux grandes choses. Ces minutes prodigieuses, songeait Coche, je voudrais les connaître, les vivre ; je voudrais être parmi la meute inintelligente des policiers qui, demain, battront le terrain, le limier galopant sur la bonne piste. Sans souci du danger et sans le secours de personnel, je voudrais faire ce métier et montrer cette chose extraordinaire : un homme seul, sans ressource,