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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/31

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L’ÉPOUVANTE

souvint de mille causes sensationnelles où des indices bien plus faibles avaient facilité les recherches. L’aventure de ce criminel retrouvé à plusieurs années de distance grâce à une bottine oubliée revint à sa mémoire, et il s’émerveilla de ce que son esprit fût si lucide et si prompt après les doutes de la minute précédente. La raison avait fait place à une sorte d’instinct supérieur qui guidait, non seulement ses déductions les plus audacieuses, mais ses moindres gestes. Il arriva ainsi, ayant à peine fait dix pas, à la porte de la maison. Lui que, tout à l’heure, l’apparition d’une ombre, d’une trace, troublait au point de le faire hésiter ; lui, qui n’avait osé, durant un long moment, formuler ses doutes, il n’éprouva pas la moindre surprise de ce que la porte s’ouvrît lorsqu’il en tourna le bouton. Logiquement, pourtant, il était bien plus naturel qu’on eût omis de refermer la grille que la porte d’entrée : la grille n’offrait qu’un mince obstacle aux rôdeurs ; le premier venu pouvait sans effort se hisser sur le mur d’enceinte, franchir les courtes piques de fer et retomber sans bruit dans le jardin, tandis que la porte même de la maison était une