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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/289

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L’ÉPOUVANTE

Le sieur Ledoux, eût-il témoigné ici même, l’accusation n’en aurait pas moins conservé toute sa force, mais vous ne vous laisserez pas émouvoir par cet alibi audacieux, grâce auquel on a essayé de jeter un doute dans vos consciences. Je n’ajoute rien à mon réquisitoire, je n’en retire rien : vous jugerez et vous condamnerez sans pitié.

L’avocat s’écria :

— Monsieur le Président…

Mais Coche balbutia en lui mettant les mains sur l’épaule :

— Par pitié… Maître… plus un mot… C’est fini… je vous en supplie… C’est fini… fini… fini…

Le jury déjà mal disposé avant la suspension d’audience ne délibéra pas longtemps. Au bout de dix minutes, il revint. Sa réponse était « Oui » à l’unanimité à toutes les questions et « Non » à l’unanimité pour les circonstances atténuantes.

Coche n’était plus qu’une chose inerte, un pauvre corps défaillant. L’épouvante était descendue sur lui. Sa volonté avait triomphé trop