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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/286

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L’ÉPOUVANTE

Je suis mon maître » et d’un trait, la main levée, les doigts ouverts comme pour écarter une vision menaçante, il cria plutôt qu’il ne dit :

— À minuit vingt, à l’heure où le crime se commettait, moi, innocent, je me trouvais chez mon ami M. Ledoux, 14, rue du Général-Appert.

Et épuisé par l’effort qu’il venait de faire, épouvanté par la victoire remportée sur l’inconnu mystérieux dont la volonté jusqu’à cet instant avait étranglé la sienne, il s’écroula sur son banc en sanglotant de fatigue, d’énervement et de joie.

Tous les assistants s’étaient dressés. Une telle clameur s’éleva que le Président dut menacer de faire évacuer la salle. Enfin, quand un silence relatif se fut établi, il dit :

— Coche, n’essayez pas de nous tromper une dernière fois. Songez aux conséquences de votre déclaration, si elle est reconnue fausse. Réfléchissez avant de la jeter dans le débat.

— J’ai réfléchi ! j’ai réfléchi : j’ai dit la vérité ! Je le jure ! Qu’on interroge mon ami Ledoux…

— Monsieur le Président, dit l’avocat, je