Ouvrir le menu principal

Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/280

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
275
L’ÉPOUVANTE

son âge et tous les renseignements concernant son état civil, il s’assit pour entendre l’acte d’accusation. Cet acte, avec les preuves qu’il dressait contre lui en faisceau, lui fit l’effet du plus terrible des réquisitoires. À mesure que les charges se précisaient, il comprenait comment la conviction du juge avait pu se faire, inébranlable. Malgré tout, il se disait :

Si je veux parler, je réduirai cela à néant. Mais pourrai-je parler ?…

L’interrogatoire fut assez terne ; on espérait des révélations sensationnelles, certains journaux ayant affirmé — de source certaine — que l’accusé se réservait pour les Assises. Mais à toutes les questions Coche répondait invariablement :

— Je ne sais pas, je ne m’explique pas, je suis innocent.

Le Président lui ayant fait observer tout ce que ce système de défense offrait de dangereux il leva les épaules et murmura :

— Que voulez-vous, Monsieur le Président, je ne peux pas vous dire autre chose…

Et il reprit son attitude impassible, indifférente