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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/267

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L’ÉPOUVANTE

— Encore une fois, je proteste contre une pareille accusation. Je ne connais pas cet homme, je ne l’ai jamais connu.

Et il songeait : Dire que la vérité a passé devant ces yeux, et qu’à présent, tout est fini, qu’il ne reste rien de ce que cet être a vu, souffert, et qu’on pourrait me trancher la tête ici même, sans qu’un frisson secouât cette chair inerte…

La confrontation dura peu. Pour les magistrats, Coche s’entêterait à nier encore, à nier toujours, et il était de taille à ne pas faiblir.

On crut l’user par l’énervement : peine inutile. À toutes les questions, l’accusé répondait invariablement :

— Je ne sais rien.

Puis, après avoir accumulé charge sur charge, quand on lui demandait :

— Qu’avez-vous à objecter à ceci ? Comment expliquez-vous cela ?

Il levait les bras, et se bornait à murmurer :

— Je ne comprends pas. Je ne m’explique pas…

L’instruction, longue, difficile, n’amena au-