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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/263

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L’ÉPOUVANTE

« Voilà pourquoi cet homme a tué. »

Le lendemain, son avocat vint le voir. Il lui parla d’abord en termes vagues, lui demandant des renseignements sur sa vie, ses fréquentations, ses habitudes. Il lui fit préciser certains détails insignifiants, sans oser aborder nettement la question du crime. Au bout d’un quart d’heure de conversation, Coche de plus en plus nerveux lui dit :

— Voyons, Maître, la vérité : vous me croyez coupable…

L’avocat l’arrêta d’un geste :

— Ne m’en dites pas plus, je vous en prie. Je tiens pour sincères, pour vraies, entendez-vous, pour vraies, vos protestations d’innocence. Quelque lourdes que soient les charges relevées contre vous, je n’y veux voir que l’effet d’un terrible caprice du hasard. Votre système de défense est d’être innocent, vous êtes innocent : je le proclame !

— Mais je vous jure, Maître, je vous jure sur ce que j’ai de plus cher au monde que je suis innocent.

En cette minute, Coche eut la tentation folle de