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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/25

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L’ÉPOUVANTE

blable à celui que produiraient des couverts entrechoqués. Quant à la blessure… Dispute et rixe pour le partage du butin ?… Chute contre un corps dur et tranchant, marbre de cheminée, porte garnie de glaces ?… C’est possible… En tous cas, le cambriolage paraît évident… Alors ? Alors, il y a deux écoles : ou bien retourner sur mes pas à toute vitesse, et tâcher de retrouver la piste des gredins, ou m’efforcer de découvrir la maison à qui ils ont rendu visite.

Or, j’ai perdu dix bonnes minutes, et maintenant mes gaillards sont loin. En admettant même que je les retrouve, seul contre trois, je ne pourrais rien. Leur capture, au demeurant, n’est point de mon ressort : Nous payons des agents pour cela. Tandis que, découvrir la maison mise à sac, voilà qui est en vérité digne de tenter ma fantaisie d’amateur. Nul avant moi n’a eu connaissance du vol. Je sais exactement d’où venait le trio. Mon regard porte bien à trois cents mètres malgré la nuit : c’est à cette distance environ que les ombres me sont apparues : Depuis la seconde où je les ai vus, les deux hommes et la femme ne se sont pas arrêtés jusqu’au bec de gaz.