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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/240

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L’ÉPOUVANTE

— Quand j’en aurai assez, je ferai cesser la comédie, et voilà.

Avec le jour tombant, ses idées prirent un tour plus triste.

Rien n’évoque mieux les douceurs de l’intimité, la chambre tiède, où brûle la bûche silencieuse, la lampe et le grand rond étalé sur la nappe, et la tiédeur de la bonne maison, que le petit froid traître qui, le soir, se répand dans les pièces sombres où viennent mourir assourdis, tous les bruits de la rue. Les agents groupés autour d’une table avaient allumé une mauvaise lampe, et l’odeur du pétrole se mêlait au relent de cuir et de drap mouillé qui le gênait depuis le matin. Pourtant, dressé sur la pointe des pieds, l’œil au judas, il regardait avidement ces gens paisibles accoudés dans des poses lasses, et surtout cette lampe au verre ébréché, piqué de taches rousses, mais d’où venait un peu de la clarté qui lui manquait dans sa cellule. Vers six heures, on ouvrit sa porte. Il crut qu’on allait l’interroger, mais un agent lui passa le cabriolet et le poussa dans le poste. Il se trouva là avec deux pauvres diables déguenillés un pâle voyou qui