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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/239

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L’ÉPOUVANTE

grasse s’infiltrant entre les fentes, y avait étendu des taches grises craquelées. Il essaya de manger, ne put avaler une bouchée, mais il but avidement sa bouteille de vin et sa carafe d’eau, après quoi, il se mit à aller et venir dans sa cellule, pris d’un désir de mouvement, d’air, de liberté. Sauf les menottes qui lui avaient un peu serré les pouces, il n’avait pas été maltraité. Il avait cru les agents plus brutaux, plus revêches, et s’était déjà préparé à parler haut, au nom de son droit d’homme innocent et devant être traité comme tel, tant que les tribunaux ne l’ont pas frappé. Il s’était imaginé, surtout, que lui-même serait bien différent de ce qu’il avait été.

Au cours des derniers jours écoulés, quand il réfléchissait à ce que serait son attitude après son arrestation, il croyait conserver sa vigueur et sa gaîté, quelques heures de prison avaient suffi à modifier ses pensées. Peu à peu, l’exceptionnelle gravité de son acte commençait à lui apparaître, et, avant même que d’avoir pris contact avec la justice, il s’effrayait de tout ce qui l’entourait. Cependant, toutes ses pensées avaient une conclusion rassurante :