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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/237

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L’ÉPOUVANTE

mort ! » La terrible partie qu’il avait engagée ne lui eût-elle fait sentir et comprendre que cela, il n’eût rien regretté des angoisses traversées, des vexations à subir. Les choses maintenant allaient prendre une marche normale ; l’aventure prodigieuse et paradoxale commençait de la souris jouant avec le chat.

Son ironie facile, un instant retrouvée après son arrestation, était tombée. La justice lui apparaissait comme une machine infiniment plus complexe qu’il n’avait cru, d’abord. À côté des policiers, des magistrats, des juges, restait cette chose obscure et formidable : Le Public.

Certes, en principe, la voix populaire s’éteignait aux portes du prétoire ; certes les juges n’avaient pour les guider que leur connaissance des faits appuyée sur leur science des lois. Mais quel homme oserait se dire assez fort, assez juste, assez grand, pour se soustraire totalement à la volonté impérieuse des foules ?… Un vrai coupable a presque autant à redouter le verdict du peuple que celui de ses juges. Les peines, quoi qu’on dise, varient avec les mouvements d’opinions. Tel crime, aujourd’hui puni de quelques