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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/230

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L’ÉPOUVANTE

qui était lui, les drames gigantesques et insoupçonnés éclos dans son âme d’enfant.

Dans ce jeu sinistre, il était naturellement le coupable. Il se savait surveillé du dehors. Devant sa maison, des hommes montaient la garde. D’autres se glissaient dans l’escalier. Il entendait les marches craquer lentement sous leurs pas. Le bruit cessait, puis reprenait. Un murmure étouffé de voix venait jusqu’à lui. Il distinguait bientôt des mots, des bribes de phrase :

— Il y est… Faites attention… Pas de bruit…

Et puis, plus rien… Que faire ? Il était cerné de toutes parts… Sous ses fenêtres, des espions étaient postés. De ce côté, la fuite était impossible. Près de la cheminée une porte communiquant avec une chambre voisine était fermée par deux crampons de fer : jamais il n’aurait le temps de les faire sauter… Alors, quoi ? Attendre, que la porte de ce palier s’ouvrît et foncer la tête basse sur les assaillants ?… Oui, c’était bien cela…

Il prit son revolver, retira la baguette de sûreté, et accroupi dans l’angle de la fenêtre attendit… Les voix (rêve, jeu, réalité ?) étaient plus distinctes. L’une disait :