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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/221

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L’ÉPOUVANTE

Javel l’autorisation de ne pas revenir ? Il l’avait chargé d’une mission, et Javel se permettait de donner simplement un coup de téléphone ! Si pourtant il avait eu besoin de lui ?… Et il en avait eu besoin… Les autres inspecteurs étaient occupés ; il comptait sur lui, l’avait attendu jusqu’à huit heures. Si à ce moment il avait eu un homme sous la main, il tiendrait peut-être la bonne piste maintenant. Qu’avait-il à dire à cela ? Quelle explication, quelle excuse pouvait-il donner de son sans-gêne ?

— Monsieur le Commissaire, dit enfin Javel, en choisissant ses mots, vous pensez bien qu’il a fallu un motif grave pour m’empêcher de faire mon service, comme vous désirez qu’il soit fait. Ce motif, le voici : Suivez-moi ; dans moins d’une heure, je vous aurai montré l’assassin du boulevard Lannes, et vous n’aurez plus qu’à l’arrêter. Vous voyez que je ne me suis pas amusé cette nuit, et, quant à votre piste — à moins qu’elle n’ait été la même que la mienne — je puis vous garantir qu’elle ne valait rien.

Le Commissaire l’écoutait bouche bée. La nouvelle lui paraissait tellement invraisemblable,