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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/219

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L’ÉPOUVANTE

il arriva dans la rue, il était exactement neuf heures et demie. Un homme faisait les cent pas. Aussitôt qu’il le vit l’homme vint à lui, et dit entre les dents :

— Javel ?…

— Parfaitement, fit le policier, et il ajouta :

— Où est-il ?

— À l’hôtel qui fait le coin de l’avenue d’Orléans et du boulevard Brune… Avec le camarade.

— Très bien. Saute dans un fiacre, va les rejoindre, et retenez-le pendant une heure. Au besoin, n’hésitez pas à lui mettre la main au collet. Je prends tout sur moi, ne craignez rien, tout va bien.

L’homme partit. Javel monta en voiture, donna l’adresse du Commissariat, et, rassuré, triomphant, se frotta les mains. Pour l’instant, il n’entrait dans sa joie aucun espoir de gratification ni d’avancement. Il était pris par le seul plaisir du succès, par un plaisir neuf, désintéressé, et se sentait envahi d’un orgueil tel qu’il n’eût pas cédé son secret pour une fortune.

En arrivant, il trouva dans l’escalier un camarade qui lui glissa :