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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/21

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L’ÉPOUVANTE

deviner, l’homme au paquet bleu, et la femme reculèrent, afin de sortir du cercle de lumière. L’autre ne bougea pas tout d’abord, puis fit un pas en avant, et, les mains sur les yeux, s’appuya au bec de gaz. Il avait vraiment, un aspect sinistre avec sa face blême, ses joues creuses, ses larges mains crispées sur son visage, ses cheveux noirs dont une mèche retombait, luisante, sur le front. Entre ses doigts, du sang avait coulé, accrochant un mince caillot à la moustache et à la lèvre, et descendant le long du menton et du cou jusqu’au col de la veste.

— Eh bien, fit la femme à mi-voix, qu’est-ce que tu attends ?

Il grogna :

— J’ai mal, bon Dieu !

Elle se dégagea de l’ombre, et vint à lui. Le petit homme la suivit, posa son paquet à terre et murmura, avec un haussement d’épaules :

— C’est pas malheureux de se dorloter pour ça !

— Je voudrais bien te voir ! si tu étais arrangé comme moi ! tiens regarde.

Il écarta ses mains aux paumes rougies, et, parmi les cheveux collés, une balafre apparut,